Dans quels cas l’assurance auto tous risques est-elle vraiment utile ?

L’assurance automobile tous risques a un coût important pour tout conducteur. Cette formule soulève de nombreuses questions, surtout dans une période où les primes ne cessent d’augmenter. La pertinence d’une telle couverture dépend étroitement de votre situation personnelle, de la valeur de votre véhicule et de vos habitudes de conduite. Évaluer soigneusement ces éléments permet de déterminer si l’équilibre entre le coût engagé et les bénéfices obtenus est avantageux. Avant de souscrire, n’hésitez pas à comparer les garanties proposées par différents assureurs comme matmut.fr.

Les véhicules neufs et récents

La valeur d’achat élevée justifie généralement une protection maximale durant les premières années de possession. Un véhicule neuf conserve approximativement 70% de sa valeur après deux ans. Cette dépréciation modérée conserve une certaine valeur du véhicule, rendant l’assurance tous risques économiquement pertinente.

Le calcul de la dépréciation automobile selon le barème Argus et Eurotax

Les barèmes Argus et Eurotax permettent d’évaluer la décote automobile. Ces dispositifs professionnels prennent en compte le kilométrage, l’état général, les équipements, l’historique d’entretien et les fluctuations du marché. La dépréciation suit généralement une courbe prévisible : 20 % à 25 % la première année, puis 10 % à 15 % annuellement les années suivantes.

Cette décote variable influence la pertinence de l’assurance tous risques. Un véhicule conservant plus de 60 % de sa valeur d’origine mérite une protection complète, mais un modèle déprécié en dessous de 30 % questionne l’utilité économique de cette couverture étendue.

L’effet de la franchise sur l’indemnisation des véhicules de moins de 5 ans

La franchise est un paramètre décisif dans l’équation coût‑bénéfice de l’assurance tous risques. Pour les véhicules récents, les franchises oscillent généralement entre 300 € et 800 € selon les garanties et l’assureur. Cette somme est à votre charge lors de chaque sinistre, influençant la rentabilité de votre couverture.

Une franchise élevée réduit la prime annuelle mais augmente votre participation financière en cas de sinistre. Inversement, une franchise réduite majore le coût de l’assurance mais minimise votre exposition lors d’un accident, d’un acte de vandalisme ou d’un bris de glace.

La couverture des équipements technologiques embarqués

Les véhicules actuels embarquent une multitude de technologies : des aides à la conduite (ADAS), un écran tactile central, des caméras 360°, des radars, des capteurs de stationnement, des systèmes audio haut de gamme, la connectivité, sans oublier les composants particuliers des voitures électriques comme la batterie de traction ou le chargeur embarqué. Autant d’équipements coûteux à remplacer, susceptibles de faire exploser le montant des réparations.

Il est nécessaire de vérifier dans les conditions générales comment ces équipements sont pris en charge, s’ils sont considérés comme des accessoires d’origine, automatiquement couverts, ou s’ils nécessitent une garantie additionnelle. Certaines assurances appliquent un plafond d’indemnisation, parfois insuffisant pour un véhicule récent très équipé.

La protection contre le vol pour les modèles premium

Les véhicules haut de gamme et les modèles très prisés figurent régulièrement parmi les voitures les plus ciblées par les vols en France. Leur forte valeur sur le marché de l’occasion, la demande importante en pièces détachées et l’existence de circuits parallèles engendrent des risques. Dans ce contexte, une assurance au tiers dépourvue de garantie vol vous laisserait totalement exposé à la perte de votre véhicule.

Une assurance auto tous risques inclut généralement la garantie vol, ainsi que la tentative de vol et le vandalisme. En cas de disparition ou de dégradation importante, l’indemnisation se base sur la valeur de remplacement à dire d’expert, parfois majorée grâce à une option « valeur à neuf » ou « valeur d’achat » durant les premières années. Pour un véhicule haut de gamme, l’écart entre une couverture tous risques et un contrat tiers renforcé peut correspondre à plusieurs dizaines de milliers d’euros en cas de sinistre important.

Les assureurs peuvent toutefois imposer des conditions particulières pour ces modèles telle que l’installation d’un dispositif d’alarme homologué, la présence d’un traceur ou le stationnement dans un garage fermé.

Les conducteurs à profil de risque élevé

Certains profils sont statistiquement plus exposés aux accidents : malus élevé, permis récent, antécédents de sinistres ou usage professionnel intensif. Pour ces conducteurs, la probabilité de sinistre est plus importante, ce qui renforce l’intérêt d’une protection maximale, même si la prime peut être plus coûteuse.

Le coefficient de réduction-majoration supérieur à 1,25

Un coefficient de réduction-majoration (CRM) supérieur à 1,25 signale un conducteur malussé, ayant déjà été impliqué dans un ou plusieurs sinistres responsables. Chaque sinistre majorant augmente le CRM de 25 %, jusqu’à un plafond de 3,50. À ce niveau, la prime de base peut être multipliée par plus de trois, ce qui modifie le prix d’une assurance auto tous risques en véritable poste de dépense. Pourtant, renoncer à la formule tous risques dans ce contexte peut s’avérer contre-productif financièrement.

En effet, un conducteur déjà identifié comme « à risque » a statistiquement plus de chances de connaître un nouveau sinistre. Une méthode consiste parfois à choisir une formule tous risques avec des franchises plus élevées, acceptant de supporter les petits sinistres. D’autres conducteurs préféreront au contraire une franchise basse, pour limiter au maximum le risque de reste à charge, quitte à assumer une prime plus lourde le temps de retrouver un bonus satisfaisant.

Les conducteurs novices

Les titulaires d’un permis probatoire (3 ans, ou 2 ans en conduite accompagnée) sont plus exposés au risque d’accident, en particulier durant les 12 à 24 premiers mois de conduite autonome. Le manque d’expérience, la gestion parfois hasardeuse des priorités ou des distances de sécurité, mais aussi la conduite nocturne ou en fin de soirée augmentent la probabilité d’un sinistre. Dès lors, une assurance auto tous risques est une sécurité pour un jeune conducteur et pour ses parents, surtout lorsque le véhicule est neuf ou récent.

Plutôt que de sacrifier la couverture pour réduire la prime, il peut être malin de jouer sur d’autres éléments comme choisir un modèle moins puissant, limiter le kilométrage annuel ou encore inscrire le jeune en tant que conducteur secondaire sur le contrat d’un parent expérimenté. Les assureurs proposent également des formules d’assurance pour un conducteur occasionnel, qui permettent parfois de concilier une protection renforcée et un budget limité.

L’historique de sinistralité et la responsabilité civile majorée

Un historique de sinistres, qu’ils soient responsables ou non, influence le niveau de prime et la politique de garanties proposée par l’assureur. Un conducteur ayant enchaîné les déclarations peut voir son contrat renégocié, son assureur limiter certaines garanties ou exiger une franchise plus élevée. Inversement, certains assureurs acceptent de conserver une formule tous risques complète, mais avec des conditions plus sévères.

Dans ce contexte, il est indispensable d’évaluer l’effet d’un éventuel retour au tiers sur votre exposition financière. Si vos sinistres passés concernent majoritairement de « petits dégâts », vous pouvez envisager d’augmenter les franchises ou de limiter certaines garanties, plutôt que d’abandonner totalement la formule tous risques. En revanche, si votre historique montre des sinistres corporels ou des collisions lourdes, garder une formule tous risques peut être plus rationnel pour éviter qu’un futur accident ne compromette durablement votre situation financière.

Un usage professionnel intensif et le kilométrage annuel au-dessus de 30 000 km

Les conducteurs qui parcourent plus de 30 000 km par an multiplient mécaniquement leurs expositions au risque. Dans ces conditions, un contrat tous risques apparaît souvent comme une évidence, y compris pour des véhicules qui ne sont plus tout à fait neufs. Un accident responsable sur autoroute, avec véhicule potentiellement irréparable, peut en effet nuire à votre activité professionnelle.

L’usage professionnel nécessite par ailleurs de vérifier la compatibilité de votre contrat avec vos déplacements quotidiens ; tous les contrats « particuliers » n’autorisent pas un usage professionnel intensif. L’assurance tous risques, combinée à une option « véhicule de remplacement » ou « assistance 0 km », garantit une continuité d’activité en cas de panne ou d’accident. Pour un indépendant ou un salarié dont le véhicule conditionne le revenu, cette continuité a une valeur économique bien supérieure à la réparation matérielle de la voiture.

Le lieu de stationnement et les zones géographiques à forte sinistralité

Le lieu de stationnement et la zone géographique comptent dans l’évaluation du risque par les assureurs. Un véhicule garé chaque nuit dans un parking privé sécurisé n’est pas exposé aux mêmes risques qu’une voiture stationnée en permanence sur la voie publique dans une grande métropole.

Le stationnement dans les grandes métropoles

Si vous habitez dans une agglomération à forte sinistralité (Île-de-France, grandes métropoles régionales, zones frontalières très fréquentées), la probabilité de subir un sinistre non responsable (vandalisme, accrochage sans tiers identifié, dégradation en stationnement) augmente sensiblement. Dans ces situations, une assurance au tiers ne vous permettra aucune indemnisation pour les dommages sur votre propre véhicule, même si vous n’êtes pas responsable. À l’inverse, une formule tous risques, incluant une garantie « dommages tous accidents », prendra en charge ces coûts, sous déduction d’une éventuelle franchise.

Le stationnement à risque

Un véhicule stationné dans la rue la nuit, parfois dans des quartiers sensibles ou sombres, est davantage exposé aux tentatives de vol, au bris de glace, au vol d’accessoires (jantes, phares, système multimédia) ou à des sinistres climatiques (chute de branches, inondations locales). Dans ce contexte, l’assurance tous risques devient utile. À l’inverse, si vous résidez dans une zone rurale calme, avec un garage fermé, la même formule tous risques pourra être discutée plus tôt dans la vie du véhicule, au profit d’une formule intermédiaire.

Les situations patrimoniales justifiant une couverture maximale

La pertinence d’une assurance auto tous risques dépend aussi de votre situation financière globale. Pour un foyer au budget serré, la voiture peut être un élément indispensable du quotidien. En cas de perte totale sans indemnisation suffisante, remplacer le véhicule peut devenir très difficile, avec des conséquences sur le travail, les études ou la vie familiale.

À l’inverse, pour un ménage disposant d’une épargne de précaution importante et de plusieurs véhicules, la capacité à absorber un sinistre sans indemnisation est plus grande. Le recours à une assurance au tiers ou à une formule intermédiaire pourra alors être envisagé plus tôt, y compris pour un véhicule encore relativement récent mais de valeur modérée. L’assurance tous risques devient ici un arbitrage entre confort psychologique et optimisation budgétaire.

Les situations patrimoniales complexes, comme la possession de véhicules haut de gamme, de voitures de collection ou d’un parc automobile important, justifient également un examen plus fin. Dans certains cas, une assurance spécialisée ou un contrat « flotte » peut assurer une couverture tous risques mieux adaptée, à un coût ramené plus avantageux par véhicule.

L’analyse coût-bénéfice : la comparaison tous risques et tiers étendu

La vraie question n’est pas de savoir si la formule tous risques est « meilleure » que le tiers étendu, mais dans quelles conditions elle l’est réellement pour vous. L’assurance au tiers + est souvent un « juste milieu » pour les véhicules de valeur moyenne ou plus anciens, en particulier au-dessus de 7 à 10 ans.

La comparaison des risques

Pour évaluer l’intérêt réel d’une assurance tous risques, il est nécessaire de comparer son surcoût annuel avec celui d’une formule au tiers renforcé, mais surtout de mettre cette dépense en regard des risques non couverts. L’enjeu consiste à déterminer si vous seriez prêt à assumer vous‑même un sinistre responsable, un dommage sans tiers identifié ou un acte de vandalisme non garanti. L’exercice oppose une dépense certaine (la prime plus élevée) à un risque incertain, mais potentiellement bien plus coûteux.

Déterminer la formule d’assurance la plus adaptée

Une technique consiste à combiner trois éléments : l’âge et la valeur du véhicule, votre profil de conducteur (bonus‑malus, antécédents, usage), ainsi que votre capacité financière à affronter un imprévu. Un véhicule relativement récent, encore bien valorisé, utilisé fréquemment et difficile à remplacer en cas de perte justifie souvent une couverture tous risques. À l’inverse, pour une voiture plus ancienne, de faible valeur et utilisée ponctuellement, une formule au tiers renforcé ou même au tiers simple apparaît généralement plus adaptée.

En pratique, il est conseillé de réévaluer votre contrat tous les ans ou tous les deux ans, en vérifiant la valeur de votre véhicule et l’évolution de votre prime. N’hésitez pas à comparer la formule tiers, tiers + et tous risques. Vous pourrez ainsi objectiver la décision d’opter pour l’assurance auto tous risques et basculer vers une formule plus légère lorsque le coût de la prime n’est plus en adéquation avec la valeur assurée.

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